COMMUNIQUE DE PRESSE

 Oui, une formation musicale professionnelle dans le canton de Neuchâtel doit être maintenue. C’est ce que propose la Commission du Grand Conseil chargée d’étudier ce dossier. Les 5319 signataires de l’initiative qui demandent le maintien d’une Haute École de Musique s’en réjouissent.

Par souci d’économies, le Conseil d’État veut fermer l’antenne neuchâteloise de la Haute École de Musique de Genève (HEM). Une initiative populaire a été déposée pour la maintenir. L’Exécutif cantonal en propose le rejet et formule un contre-projet. Après examen de tous ces avis, une Commission du Grand Conseil vient de rendre le sien aux députés. C’EST OUI A L’INITIATIVE. Ce sont surtout les arguments financiers du Gouvernement qui n’ont pas convaincu la majorité de la Commission également sensible à l’attractivité qu’une HEM apporte au canton. Le comité d’initiative invite les députés à suivre l’avis de la commission : la formation musicale, des premières mesures à la note finale, fait vraiment partie des instruments nécessaires à la vie culturelle neuchâteloise.

Économies significatives en supprimant la HEM ? Pas sûr.

Argument du Conseil d’État pour la fermeture de la HEM : une volonté d’économie de 2,2 millions de francs par an. La Commission n’a pas été convaincue par les chiffres du Gouvernement. En raison de locaux partagés avec le Conservatoire, les charges de 600’000 francs resteraient, par exemple, aux frais de l’État. Certaines économies annoncées ne seraient pas réalisables, et la Commission se déclare divisée sur la fiabilité des chiffres et des estimations du rapport gouvernemental. Quant aux subventions fédérales et d’autres cantons qui disparaîtraient (2,24 millions), elles ne seraient plus insufflées dans l’économie neuchâteloise. Quel est finalement le coût à charge du canton de la Haute École ? Entre 0,8 million (dixit les initiants) et 2,2 millions (de l’avis de l’État) mais contestés par la Commission ?

Trop d’étudiants étrangers ? Situation normale.

L’État s’en prend aussi au petit nombre d’étudiants neuchâtelois par rapport à celui des étrangers. La Commission, dans sa majorité, ne s’en émeut pas. Elle relève que les institutions de formation supérieure (université et hautes écoles spécialisées) doivent offrir un rayonnement suisse et international si elles veulent exister, et la présence d’étudiants étrangers au canton constitue un gage de qualité, voire même une source de financement non négligeable. Quant aux étudiants neuchâtelois, ils tiennent aussi souvent à élargir leur horizon après une douzaine d’années de formation non professionnelle dans le canton ou sont tenus de s’exiler parce que leur instrument n’est pas enseigné à la HEM.

Même dans la population neuchâteloise, le rayonnement de la HEM est important, note la Commission. Ses musiciens (professeurs et étudiants) exercent des interactions fortes et multiples dans l’écosystème qu’est le monde musical du canton.

Un OUI à confirmer en plénum !

La Commission a fait le travail attendu d’elle : une étude détaillée du rapport du Conseil d’Etat. Sans esprit partisan, mais pour toutes les raisons qu’elle expose objectivement, le Grand Conseil, à la suite d’un débat serein, devrait suivre sa recommandation : approuver l’initiative !

Par rapport à la formation musicale préprofessionnelle, formations que le contre-projet du Conseil d’État tient à mieux soutenir aux dépens de la formation professionnelle, les initiants rappellent que leur initiative, rédigée en termes généraux, englobe aussi le souci d’une bonne formation pour tous : Conservatoire de musique, Collège musical de La Chaux-de-Fonds, institutions privées et associations diverses de musiciens (fanfares et chorales), toute la vie musicale neuchâteloise mérite une attention des pouvoirs publics.