La Haute Ecole de Musique de Neuchâtel ? Mais qu’est-ce donc ?

La HEM de Neuchâtel est une école supérieure qui offre une formation professionnelle visant l’excellence artistique ; elle est un lieu d’échanges, d’évènements musicaux et de partage de compétences.
Les étudiants du site de la HEM de Neuchâtel aujourd’hui et ceux d’hier, sont les musiciens, les professeurs, d’aujourd’hui et de demain.

Pourquoi fermer la Haute Ecole de Musique de Neuchâtel ?

Ce sont des préoccupations budgétaires qui ont dicté cette mesure, dont Mme Maire-Hefti a elle-même reconnu, lors de son annonce, qu’elle n’en avait « pas étudié l’impact à long terme, faute de temps (sic) ». Curieuse chose, car le temps, le Conseil d’Etat en dispose : il est même tenu de l’utiliser pour se livrer à des études, concertations, consultations, avant de prendre une décision de cette importance ; c’est ce que dispose expressément l’article 8 de la Loi du 22 mars 1983 sur l’organisation du Conseil d’Etat et de l’administration cantonale : « Le Conseil d’Etat veille à ce que tout projet soit apprécié quant à ses conséquences financières et juridiques ».

Pourquoi ne pas la fermer ?

La disparition de tout enseignement professionnel musical aura des conséquences, aussi bien économiques que culturelles, que chacun devrait avoir en tête au moment de se prononcer sur un tel projet. La HEM joue un rôle culturel important dans le canton, à travers un grand nombre de concerts gratuits organisés chaque année avec le Théâtre du Passage, mais aussi plus de 50 auditions publiques, gratuites, sans compter tous les examens et récitals finaux qui sont de véritables concerts auxquels le public neuchâtelois est convié. Signalons aussi les multiples échanges entre le Conservatoire de Neuchâtel, via des remplacements de professeurs et des accompagnements d’auditions.
En supprimant la possibilité d’étudier la musique dans ce canton, nous en faisons non seulement un désert culturel, mais nous l’enfonçons encore davantage dans son déficit.

2 étudiants Neuchâtelois, et alors ?

Cela signifie 98 étudiants venus d’ailleurs, de passage à Neuchâtel, qui s’investissent dans le canton, s’engagent dans la vie culturelle locale et parfois s’attachent à notre région au point de s’y établir. N’est-ce pas cela justement dont nous avons besoin ? Parmi les étudiants on compte une vingtaine de Suisses, qui ne coûtent absolument rien au canton de Neuchâtel, puisque leur formation est entièrement prise en charge par leur canton d’origine.

Par ailleurs, il nous semble utile de rappeler que l’idéal à la base du système de Bologne a toujours été d’encourager la mobilité et par là de favoriser la richesse des échanges culturels et la reconnaissance internationale des titres. La région d’accueil des étudiants est la première bénéficiaire de ce dynamisme, à tel point que les cantons se font généralement concurrence pour remplir leurs écoles et accueillir le plus de filières possibles. Le nôtre souhaite-t-il vraiment brader ce qu’il possède ?

 

Le site neuchâtelois de la HEM de Genève – rebaptisée depuis la convention intercantonale à la source du projet « HEM de Genève-Neuchâtel », ce sont :

260 étudiants formés depuis 9 ans ;
30 étudiants diplômés chaque année ;
– en réalité, 18 équivalents temps plein (professeurs + personnel administratif) qui exercent, et non 50 comme avancé par le Conseil d’Etat ;
5 projets annuels en collaboration avec le Théâtre du Passage ;
10 concerts annuels gratuits associant les professeurs et les étudiants de la HEM ;
plus de 10 concerts d’ensembles issus de la HEM : ensemble de violoncelles, orchestre, orchestre à cordes, dont le public neuchâtelois bénéficie chaque année ;
90 auditions et examens annuels gratuits auxquelles est convié le public cantonal ;
un nombre incalculable de projets associant le Conservatoire de musique neuchâtelois et la HEM – musique, pédagogie, partenariats ;
2,9 millions de francs de retombées économiques annuelles pour le canton : écolage des étudiants, transports, loyers, assurances, impôts des professeurs et personnels administratifs…
des orchestres, chœurs, sociétés de musique, fanfares, qui bénéficient du renfort des musiciens en tant que directeurs, ou membres de renfort. Certains anciens étudiants sont même aujourd’hui membres titulaires de l’Ensemble symphonique neuchâtelois